Penseur

dimanche, septembre 09, 2007

Des abeilles et des hommes

L'affaire devient préoccupante. Depuis plusieurs mois, plusieurs années même, les apiculteurs crient à l'assassin. Contre le Gaucho de Bayer, contre le Régent de BASF, ces insecticides qui emportent au passage les abeilles avec les autres insectes. Criaient-ils au loup ? Les études ne tranchent pas nettement. En tout cas, leur interdiction a quelque peu freiné l'hécatombe.

Quelques faits :
  • A l'automne et à l'hiver, les ruches "meurent" parfois, quand la reine meurt de froid, ou que les occupants n'ont pas fait assez de réserves. Ces disparitions hivernales touchent en temps normal 5 à 10% des ruches.
  • Dans le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles, les ruches "meurent" rapidement, parfois en une nuit, quand les abeilles ne rentrent pas à la ruche. On ne retrouve pas de cadavres d'abeilles, la ruche est simplement vidée.
  • Entre un quart et la moitié des ruches américaines ont été vidées de leurs occupants à l'automne-hiver 2006.
  • Ce niveau de mortalité était atteint en Europe depuis 2000, mais est redescendu à des niveaux normaux cet été, ce qui est peut-être lié à l'interdiction des insecticides ci-dessus.
  • Les causes peuvent être multiples, parasites, virus, insecticides... Les programmes de recherche sur la question sont récents et n'ont pas encore produits d'étude systématique.

Je ne suis pas spécialiste de la question, ma valeur ajoutée sur le sujet sera très faible. Mais le sujet me semble suffisament préoccupant, face à un syndrome dévastateur et mystérieux qui prend des proportions de pandémie mondiale, pour relayer les informations glanées à droite et à gauche.

A lire, donc :

Voilà tout pour aujourd'hui. N'hésitez pas à partager vos informations sur le sujet !

3 commentaires:

zmb a dit…

Il y avait aussi un article du New Yorker cet été. Et à part ça moi non plus je n'ai aucune valeur ajoutée sur le sujet D

Hulk a dit…

En France nous avons été relativement épargné par le syndrôme d'effondrement des colonies. Il faut d'ailleurs distinguer ce syndrôme, qui est relativement récent, toujours inexpliqué, et qui s'exprime particulièrement aux USA, de la mortalité apicole liée aux pesticides systémiques neurotoxiques. Ces pesticides sont l'imidaclopride, mise sur le marché en 1991 entre autre sous le nom de Gaucho, et le finopril (Régent, 1997).

La mortalité due aux pesticides systémiques neurotoxiques a été niée avec force mauvaise foi pendant une dizaine d'années par les différents organismes agricoles, sanitaires et scientifiques de l'Etat. Cela a suffit à créer des domages graves dans les ruches. Durant cette période, les apiculteurs se sont vu contraints de transformer leur profession. Nombre d'entre eux ont dû se réfugier dans des zones sauvages. Cette lutte a été relatée dans l'excellent livre de Guy Bernelas : La robe de Médée - Considérations sur la décimation des abeilles

Ces molécules ont finalement été retirées du marché autour de 2004 ce qui a occasionné des améliorations sensibles dans les cheptels. Cependant les effectifs des colonies ne sont jamais retournés à la normale. D'autre part, d'autres molécules ont remplacé les précédentes.

Il y a un autre problème concernant les abeilles : l'extension des cultures de grande dimension (souvent mono). En effet, lorsque les ruches sont entourées d'espèces végétales fortement diversifiées, il y a des floraisons tout au long de la belle saison, ce qui permet aux abeilles d'étaler dans le temps leurs activités. Dans le cas de monocultures, toute l'activité se concentre sur une période très courte, insuffisante pour assurer une récolte nécessaire. Pour palier à celà, les apiculteurs migrent régulièrement, mais cela stresse beaucoup les abeilles, en plus des contraintes liées au transport (tout doit être fait entre le coucher et le lever du soleil, chose assez ardue en plein été).

Matthieu a dit…

Merci pour ce commentaire instructif. J'en retire une confirmation de l'idee que le syndrome d'effondrement des colonies (ou la surmortalite des abeilles en general) est liee a un grand nombre de facteurs de stress (chimique, agricoles, peut-etre virus, ...). Chaque stress separement serait surmontable, mais il y a ici une redoutable accumulation