Penseur

lundi, février 12, 2007

Actualité scientifique

Le travail, qui m'avait épargné ces derniers temps, ne me laisse plus vraiment le loisir de bloguer. Je passe donc juste en coup de vent, pour vous indiquer quelques morceaux d'actualité scientifique qui ont attiré mon attention.

Richard Branson, le PDG de Virgin, offre 25 millions de dollars pour la meilleure invention capable de piéger le dioxyde de carbone de l'air. Dans la lignée de son engagement à la fondation Clinton, il engage un peu plus sa fortune dans la lutte pour l'environnement. Loin de moi l'idée de cracher dans la soupe, d'autant que ce genre de prix, trop absents en France, sont un des meilleurs moteurs de l'innovation, mais je me demande si l'objectif est le bon. N'est-ce pas s'attaquer aux effets plus qu'aux causes ?

La simulation de la technique de vol des mouches est absolument fascinante. La Nature les a doté d'un système à la fois simple et efficace pour adapter leur altitude aux conditions : un lecteur de "flux optique", une sorte de lecteur de code barre qui regarde la vitesse de défilement du sol. Un tel dispositif, dans un avion, permettrait d'éviter les crashs dûs à un altimètre défecteux. Les applications dans les drones sont elles aussi évidentes.

Le gène p53 est connu pour être défectueux dans de nombreuses tumeurs cancéreuses. Une équipe a réussi, pour la première fois à ma connaissance, à résorber des tumeurs en réactivant le gène. p53 est le gène qui contrôle le suicide contrôlé de la cellule en cas d'erreurs dans la réplication du génome : il maîtrise les mutations. Les perspectives de traitement sont encore lointaines, mais me semble énormes.

7 commentaires:

Timothée a dit…

p53 est impliqué dans un cancer sur deux (en gros), et participe à plein de voies métaboliques compliquées et super pas intéressantes quand on ne se destine pas à ca.

Mais le réactiver permet de lui faire jouer son rôle de "suppresseur de tumeur" en tuant les cellules.

Associé aux avancées dans la régulation de l'angiogénèse (je n'en sais pas beaucoup plus sur ce point la, mais ca semble prometteur aussi), les espoirs thérapeutiques sont assez vastes.

Matthieu a dit…

ce que je ne comprends pas, par contre, c'est comment le reactiver, tu pourras peut-etre m'eclairer. Dans l'etude, il etait artificiellement supprime/reactive par un gene exterieur, mais dans un vrai cancer, comment faire ?

Seven a dit…

Je pense que les techniques de manipulation génétiques ont souvent le même principe: trouver un vecteur (le plus possible) spécifique des cellules tumorales (par le biais de molécules d'adhésion qui leur sont propres?) par exemple un rétrovirus, dans lequel on aurait transfecté un gène régulateur de l'expression de p53, qui irait s'insérer dans le génome de ladîte cellule. Du coup, ce gène sera "lu" en même temps qu ele reste du génome. Ca semble si simple en l'écrivant... et on en est si loin...
Je ne sais pas si je réponds correctement à ta question...

zmb a dit…

En fait, on savait que l’inactivation de p53 était nécessaire pour la transformation cellulaire, cad les premières étapes de l’oncogenèse, mais on ne savait pas si l’inactivation était requise pour maintenir l’état transformé. Ce que montre le papier de Nature, c’est que la restauration de la fonction de p53 permet la régression des tumeurs.
Un bémol cependant puisque l’activation de p53 est liée à un traitement au tamoxifène qui est lui-même un anticancéreux. Même s’il y a des contrôles, on ne peut pas écarter la possibilité que les résultats soient dus à une synergie de p53 et du tamoxifène. Merci de me corriger si j’ai raté qque chose.
Pour ce qui est de la thérapie : l’inactivation de p53 dans les cancers est liée à des mutations ponctuelles ou des délétions. Pas de possibilité de réactiver un des deux allèles endogènes par activation de la transcription. Il faut donc complémenter en trans, ce qui est du ressort de la thérapie génique. Pour cela, on clone le p53 sous le contrôle de son promoteur (ou d’un promoteur hétérologue ?) dans un vecteur et l’on se débrouille pour le faire parvenir jusqu’au site de la tumeur. Là, le vecteur recombinant est transfecté in vivo dans les cellules tumorales, s’incorpore ou non dans le chromosome et la transcription de p53 est initiée.
Bien entendu, il s’agit d’une énorme simplification du processus. Il faut s’assurer que le vecteur ne sera pas dégradé dans le corps humain, qu’il arrivera correctement jusqu’aux cellules tumorales, qu’il sera correctement transfecté in vivo, qu’il permettra l’expression de p53 dans la cellule, etc.
Pour l’angiogénèse : c’est, de façon générale, la formation de nouveaux vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux déjà existant. Il s’agit d’une étape fondamentale dans la transition des tumeurs vers un état malin, qui correspond à la vascularisation de la tumeur.
France Culture avait diffusé des conférences (dans le cadre de l’Université de tous les Savoirs ???) sur la thérapie génique et l’angiogénèse. Je pense qu’on doit pouvoir les trouver sur le site de FC.

Matthieu a dit…

seven, zmb : merci pour ces precisions. J'avais entendu dire que la therapie genique etait "passee de mode" : assiste-t-on a un retour en grace ?

zmb a dit…

Non. A ma connaissance il n'y a pas de molécules estampillées "thérapie génique" sur le marché.

zmb a dit…

"Non. A ma connaissance il n'y a pas de molécules estampillées "thérapie génique" sur le marché."
Pour compléter ce que j'avais écrit juste au dessus:
Introgen est en train de faire des essais cliniques de phase III avec un vecteur adénoviral non intégratif et non réplicatif portant p53 comme gène thérapeutique (ADVEXIN). Il n'y a donc pas encore de traitement de thérapie génique sur le marché mais ça pourrait venir bientôt (?)