Penseur

samedi, décembre 30, 2006

Le libre-arbitre, complexité du cerveau contre inné et acquis.

Chez Pikipoki, on trouve de la poésie, de la philosophie, et des billets ayant donné lieu à des discussions captivantes sur l’intelligence, la volonté, le libre-arbitre. J’avais aussi abordé le sujet dans un billet sur l’altruisme et l’égoïsme selon Dawkins. Je mets les liens ici pour que, si vous le souhaitez, vous puissiez remonter un peu le fil des discussions, et constater par vous-même les arguments échangés, au cas où j’aurais déformé les propos de quelqu’un. Je vais essayer maintenant de clarifier un peu ce que je pense sur le sujet, pour mettre mes idées en ordre et pour développer certains arguments.

Tout d’abord, je pense qu’il est important de définir un peu ce dont on parle, car, à défaut, on risque vite de s’embrouiller. Il faut dire que le sujet est riche en possibilités de confusions, conscience, volonté, destin, entre autres. La question du libre-arbitre, donc, est la suivante : est-ce que nous décidons de nos actions ?

Attention, c’est assez long, donc pour capter votre intérêt, je mets directement ma thèse. Pour moi, l’Homme est capable de prendre des décisions indépendantes des influences combinées de l’inné, les gènes, et de l’acquis[1], la société, l’éducation, ou encore l’expérience personnelle. Ces décisions peuvent être biaisées par ces influences, peuvent y être opposées, mais en tout cas n’y sont pas réductibles. Il est par ailleurs fondamentalement imprévisible, même si, là encore, le biais des influences peut être utilisé pour prévoir les comportements statistiques d’un grand nombre de personnes. Liberté de décision et imprévisibilité : l’Homme est doué de libre-arbitre, grâce au système complexe qu’est son cerveau.

Il faut d’abord évacuer une première confusion. Il est question ici de mon voisin, de la personne que je rencontre dans la rue, du collègue de bureau tel que je le vois tout les jours, personnes distinctes de moi-même, avec lesquelles j’interagis sans savoir s’il s’agit de robots androïdes à la Blade Runner, de corps pilotés par une âme ou un homoncule, ou autre chose. Le point est important, il s’agit d’un humain, et pas d’une entité supérieure omnisciente, qui regarde un autre humain.

Je voudrais ensuite préciser que « décider d’une action », ce n’est pas « réaliser une action ». Je peux décider de voler, et sauter du haut d’un toit, mais je n’en serai pas capable pour autant. Est-ce que la Nature a décidé pour moi, en ne me dotant pas d’ailes, et est-ce une limitation de mon libre-arbitre ? Le problème est ici mal posé : comment s’interroger sur la possibilité d’un choix quand une des alternatives est impossible ? La question de la décision doit donc être réduite aux choix dans lesquels les alternatives sont accessibles.

Forts de ces premières précisions, reformulons la question J’ai en face de moi un individu, placé devant un choix non-trivial, c’est-à-dire où plusieurs alternatives lui sont accessibles. Puis-je prévoir le choix qu’il fera ? Il peut être influencé par certains facteurs, l’influence de ses gènes, son histoire personnelle (incluant son éducation, les habitudes de la société qui l’entoure, ou encore ses expériences passées), tout le monde est d’accord là-dessus. Mais ces indications me donnent-elles la certitude de ce que va faire la personne ?

J’ai posé la question de façon non ambigüe. Si je ne suis pas capable de déterminer le choix de cette personne, quels que soient les moyens qui me soient donnés[2], alors elle a pris une décision autonome, elle a fait preuve de son libre-arbitre. Certains pourraient objecter que la personne n’a pas pris de décision, mais à simplement suivi une inclinaison naturelle, et à eu l’impression de prendre une décision. Mais si je ne suis pas capable, absolument pas capable, de prévoir cette décision, quelle différence cela ferait-il ? C’est ici que la confusion et l’ambigüité peuvent se glisser. Qu’est-ce que le libre-arbitre, si ce n’est la possibilité de décider de façon imprévisible ?

Il est possible, en schématisant un peu, de trouver plusieurs classes de personnes en fonction de leur réponse à cette question du libre-arbitre.

Les premiers sont ceux qui croient à l’existence d’une âme (ou d’un homoncule, cela revient au même bien qu’il n’y ait pas de connotation religieuse). Pour les membres de cette première catégorie, il existe quelque chose qui est réellement « moi », le corps humain n’étant qu’un habit, ou qu’un véhicule. Je pense que cette idée est assez naturelle, à première vue, puisque j’ai l’impression que mon moi réel commande à mes doigts d’écrire, commande à ma bouche d’avaler le jus de fruit dans le verre à côté de mon ordinateur… Mais cette conception dualiste peine à se concilier les neurosciences, qui montrent des activités bien spécifiques dans le cerveau lors de l’élaboration de ces ordres. Les philosophes, Descartes et Kant en particulier, nous ont aussi montré qu’il était assez vain de vouloir séparer le siège des décisions – quand bien même il s’agirait d’un organe, le cerveau – des organes des sens qui apporte les informations et de la peau qui forme une limite avec le monde extérieur. Le corps forme un tout.

Ensuite, parmi les matérialistes qui prennent pour acquis l’unicité de l’individu, il est encore possible de faire deux groupes. Le premier groupe est celui qui fréquente les commentaires chez Pikipoki : se réclamant de Spinoza[3] et des progrès de la science moderne, ils nient toute possibilité de libre-arbitre. Xavier, par exemple, écrit ceci :

Cela signifie aussi que nos actions sont totalement déterminées par notre patrimoine génétique d'une part et notre environnement de l'autre. Il n'y a rien d'autre, pas de "volonté" qui surgirait d'on ne sait où. Gènes + environnement = un seul résultat possible.

Penser que nous n’avons pas de libre-arbitre car le fonctionnement biologique du cerveau ne fait pas appel à de la magie ou une volonté supra-matérielle, c’est donner une autre définition au libre-arbitre que moi. C’est dire que le libre-arbitre est l’action de la volonté supra-naturelle. C’est excessif, et la définition du libre-arbitre comme étant la possibilité pour un individu de prendre une décision de manière imprévisible, est plus raisonnable.

Pour Xavier, Pikipoki et les autres commentateurs, « Prendre une décision » n’est qu’une illusion : les lois physiques, nos gènes, et d’autres facteurs externes, nous obligent à la prendre. Si je mange, c’est que j’ai faim, si je fais l’amour, c’est une pulsion (ou plutôt une subtile lutte d’influence entre mes gènes et l’influence de la société malthusienne dans laquelle j’ai grandi).

Ces personnes ont des arguments intéressants à faire valoir. Il y a bel et bien des influences très fortes qui s’exercent sur nos jugements. Nos gènes, via la façon dont notre corps est agencé, définissent une bonne partie de nos possibilités, réduisant d’autant nos choix accessibles. Via la production d’hormones à certains moments précis, ils contrôlent en partie notre comportement : pulsions, inhibitions, enthousiasme, panique… Ensuite, la société qui nous entoure, notre éducation, nos expériences personnelles, sont autant d’informations qui s’accumulent dans notre cerveau, et qui influencent nos décisions. Chat échaudé craint l’eau froide : voilà une bonne illustration.

Cependant, ces ultra-matérialistes sont ironiquement assez proches des dualistes, puisqu’ils s’appuient sur l’absence – a priori prouvée par les neurosciences – d’âme ou d’homoncule pour affirmer que le libre-arbitre d’existe pas. C’est-à-dire qu’ils pensent eux aussi que le moi indépendant devrait être extérieur au corps, et que s’il n’existe pas, alors nous ne sommes guère plus que des robots. En développant leur position, on se rend compte que les règles pilotant ces robots ont beau être compliquées, une technologie encore à découvrir devrait être capable de les comprendre, de les simuler, et de prévoir notre comportement.

Ce point de vue est faux. Le cerveau est un organe complexe. Complexe, ici, veut dire un peu plus que seulement « Houla, c’est compliqué ». S’il n’était que compliqué, comme l’est un ordinateur, une montre, ou un organe comme l’œil, le foie ou les muscles, une étude poussée permettrait d’en comprendre parfaitement le fonctionnement, et une technologie avancée permettrait de le simuler. Mais il est plus riche que cela : le grand nombre de neurones, le très grand nombre de connexions entre neurones, à la fois à courte et longue distance, à courte et longue durée (mémoire), leur possibilité de se réorganiser, leur interaction avec le reste du corps, fait que le fonctionnement n’est pas réductible aux neurones, et a fortiori aux molécules qui les composent ou qui les traversent.

Des motifs émergent des systèmes complexes : dans le cas du cerveau, on les appelle idées et décisions. La complexité est une notion fascinante, qui a plusieurs caractéristiques critiques dans le problème du libre-arbitre. La notion est présentée sur Wikipedia en français est ici. La version anglaise, pour une fois à peine plus complète, mais avec plus de liens, est ici. Si vous n’avez jamais entendu parler de la théorie de la complexité, je vous conseille de lire ces liens avant de poursuivre.

Tout d’abord, un système complexe n’est pas réductible : pour simplement décrire complètement l’état du cerveau avec à un instant t, il faudrait une bonne partie de l’univers parallèle offert par notre bon génie.

Ensuite, le grand nombre d’inconnues rend impossible la mise en équations du problème : écrire les équations occuperait le reste dudit univers parallèle.

Et quand bien même le (très aimable) génie fournirait les outils nécessaires à la simulation totale du corps (deux rappels : le corps entier doit être simulé, puisqu’il est en interaction avec le cerveau, et dans un système complexe, la moindre interaction peut avoir des conséquences énormes), cela ne fonctionnerait toujours pas. Tout simplement parce qu’une prédiction du comportement nécessiterait de simuler les chocs entre molécules : je vous passe l’argument de la puissance de calcul nécessaire, pour rappeler que ces chocs font appels à la physique quantique, irréductiblement probabiliste. Or, ce système n’est pas seulement complexe, il est aussi chaotique : la moindre imprécision de mesure peut faire échouer complètement une tentative de simulation. D’ailleurs, certains neurones fonctionnent de façon aléatoire, ce qui rend encore plus impossible la prévision, et approche peut-être une explication de ce que l’on appelle intuition ou coup de génie. Le cerveau est donc imprévisible dans l’absolu ; cela ne nie pas qu’en termes statistiques, les joueurs de poker et les publicitaires ne puissent pas faire des prévisions.

Il est temps de finir ce billet déjà trop long. Nous avons donc vu qu’à cause de la complexité du cerveau, il était foncièrement imprévisible. Je suis (et vous aussi, cher lecteur) donc un individu capable de prendre des décisions, de façon imprévisible. Certes, « je » n’est pas un être de volonté pure, désincarné, habitant mon corps. Certes, les pulsions et inhibitions de mon corps et de mes gènes, les habitudes de ma société, les exemples de mon éducation, m’influencent et me gouvernent parfois. Mais il reste que je suis capable de choisir, de peser différentes options et de choisir rationnellement, de me laisser porter par un coup de tête irrationnel, ou de choisir sciemment d’aller à l’encontre de tout ce que l’on peut prévoir sur moi, juste pour choquer. J’ai mon libre-arbitre, et vous aussi.


[1] Les automatismes acquis de Pikipoki.

[2] Quand je parle de « tous les moyens », je veux dire que je pourrais demander à un bon génie de braquer des caméras ultra-rapides sur toutes les molécules de son corps, et de m’ouvrir un univers parallèles remplit d’ordinateurs quantiques pour faire tourner des simulations. Avec une telle débauche de moyens, je mérite au moins un Oscar pour les meilleurs effets spéciaux, mais à défaut, je me contenterais de demander que l’on ne me sorte pas l’argument de la technologie qui pourrait s’améliorer dans le futur. Merci :-)

[3] Si j’ai bien compris l’extrait posté par Pikipoki, pour Spinoza, puisque nous pouvons rêver de prendre des décisions, alors les décisions que nous prenons quand nous sommes éveillés sont aussi des rêves. Je ne suis pas trop convaincu… Par contre, ça me motive pour m’intéresser de plus près à Spinoza.

26 commentaires:

Xavier a dit…

Parmi ceux qui nient le libre arbitre, , il y a deux catégories de personnes :

1. Les déterministes : ils pensent que les lois de la physique d'une part, et les états passés du monde d'autre part ne peuvent produire qu'un seul et unique résultat.

2. Les non-déterministes qui pensent que la complexité, la physique quantique, le chaos viennent compliquer les choses et donc qu'il existe dans l'univers de l'aléatoire. Ils pensent, contre Einstein, que Dieu peut jouer aux dés, c'est à dire que toutes choses égales par ailleurs, une particule quantique - par exemple - peut aller soit à gauche, soit à droite (alors que le déterministe prédira qu'elle ira à gauche - ou à droite - avec certitude).

Vous faites clairement partie de la seconde catégorie, mais ce qui est crucial, c'est que cela ne suffit pas pour faire de vous quelqu'un qui croit au libre arbitre, ou du moins au libre arbitre tel qu'on l'entend généralement.

Si vous réduisez le libre arbitre à "l'imprévisibilité", alors votre raisonnement est cohérent. Mais le problème c'est que vous ne prouvez aucun véritable libre arbitre par là-même, à moins d'octroyer aux particules quantiques le même libre arbitre qu'aux humains, puisque leur comportement semble également imprévisible.

Le libre arbitre qui nous intéresse, c'est le libre arbitre qui confère aux individus une responsabilité morale. On veut savoir si c'est LUI qui a décidé, par delà l'influence de ses gènes et de son environnement, avec sa volonté propre, de commettre telle action. Et on se moque totalement de savoir si, dans le cas contraire, ce qui a décidé pour lui était un déterminisme absolu ou bien un hasard quantique, chaotique, imprévisible (tout ce que vous voudrez).

On veut savoir s'il y a un MOI qui a pris la décision. Savoir si la décision est prévisible ou pas, fruit de lois inexorables ou d'une marche aléatoire de l'univers uniquement réductible à des probabilités, c'est une question intéressante, mais qui n'a rien à voir avec le libre arbitre.

Votre dernier paragraphe est particulièrement ambiguë : tout le monde sait qu'on est capable de réfléchir et de faire un choix rationnel ou irrationnel. La seule question est : ce choix est-il le résultat 1) d'une volonté irréductible à un cerveau matériel ou 2) d'une causalité universelle qui peut être déterministe ou probabiliste.

Matthieu a dit…

Je suis d'accord avec toute la première partie de votre commentaire, je suis content, au moins mon billet avait une minimum de clarté.

Par contre, je veux réfuter votre objection. Ce que je pense, c'est que l'individu a pris une décision en computant l'analyse de la situation, les influences extérieures, et tout un tas d'autres paramètres... et qu'en tant que preneur de décision, il peut en être tenu moralement responsable. Je ne sais pas si j'exprime clairement la différence avec votre point de vue... le paragraphe sur les personnes qui refutent le libre arbitre parce qu'ils refutent l'âme s'applique particulièrement bien à vous : quand vous dites que les particules devraient avoir un libre arbitre pour que le cerveau en résultant en ait un, ou votre alternative entre volonté supra-matérielle et causalité universelle. Vous évacuez l'alternative "complexe", qui suggère bien, à défaut d'expliquer completement, comment fonctionne le cerveau

pikipoki a dit…

Allez, je vais essayer de m'engager sérieusement à produire ma propre prose sur la question du libre arbitre dans un délai de deux semaines.

Même si Xavier a déjà fais certaines des remarques qui me sont venues à le lecture de votre billet.

EricC a dit…

Dans le NYT d'hier, un article sur le sujet :
http://www.nytimes.com/2007/01/02/science/02free.html?_r=1&th&emc=th&oref=slogin
Dommage que je n'aie pas trop le temps en ce moment de participer à cette intéressante discussion, mais je suis certain que vous saurez mieux résumer les tenants que je ne pourrais le faire. Tout ça pour dire que je me sens plutôt proche de la position de Matthieu, avec une particularité : vu que la notion de libre-arbitre me semble au moins aussi indécidable que celle de l'existence de Dieu (ou d'un dieu, ou de ce que vous voulez), il y a une question qui me semble plus pertinente : l'homme est-il prévisible ?
J'ai ma réponse, et elle me satisfait pleinement :-)

Matthieu a dit…

@Eric C : ah, enfin un soutien :-) Nuance, vraiment ? au contraire, c'est exactement ma position. Du point de vue d'un humain, ses congénères humains sont des organismes capables de prendre des décisions, de manière fondamentalement imprévisible. Il n'a pas de moyen d'acceder à une autre conclusion, donc, au moins à son échelle, c'est du libre-arbitre.

Timothée a dit…

TrackBack manuel
http://www.le-doc.info/index.php/2007/01/02/86-vitesse-d-evolution-des-genes-du-cerveau-surprise

Swâmi Petaramesh a dit…

Tout d'abord, dans ta thèse exposée en gras au début de ton article, il me semble qu'il faudrait remplacer "irréductible" par "réductible", et que ton clavier a fourché, non ?

Ensuite l'objection que te fait Xavier est entièrement pertinente : Ton raisonnement se borne à considérer l'humain comme une "boîte noire", vu de l'extérieur, et ne te permet pas de trancher la question d'un libre-arbitre effectif, mais simplement d'un "tout se passe comme si".

Le fait que tu sois incapable, quelle que soit la masse de données dont tu disposes, de prévoir la "décision" que prendra un être humain ne constitue en aucun cas la preuve que la décision a été prise de manière libre, autrement dit, tu ne démontres en rien qu'il existe un "MOI" séparé (au sens philospohique Védantin, condition nécessaire de son indépendance de décision) qui "prenne une décision" (ce qui veut dire qu'il fait vraiment un choix purement libre alors qu'il "aurait aussi bien pu" faire le choix inverse, cette intervention du conditionnel étant pure construction mentale).

Si ce n'est pas le cas, la décision (apparente) est simplement d'ordre mécanique (même si le mécanisme est trop complexe et trop chaotique pour être prévisible, cela reste un mécanisme), ou alors elle est aléatoire (c'est-à-dire que le MOI supposé existant ne contrôle pas l'élément d'aléa qui la détermine).

Nous avons là des conclusions possibles dont les conséquences, d'un point de vue philosophique, éthique ou moral, sont radicalement différentes.

S'il n'y a pas de libre-arbitre RÉEL (et pas seulement "apparence de"), alors il ne saurait y avoir pour un humain, ni responsabilité de ses actes, ni culpabilité par voie de conséquence. Et aucun châtiment ne serait moralement défendable (du moins l'aspect punitif de celui-ci). Ni récompense, d'ailleurs...

Comment pourrait-on tenir quelqu'un pour responsable d'un acte qui est soit un résultat mécaniquement inévitable découlant de causes préexistantes, soit le résultat d'un élément aléatoire qui s'est imposé à cet individu ?

D'autre part, on peut s'interroger : Peut-il vraiment exister un "individu" que l'on puisse considérer comme réel, comme "séparé", comme existant-en-soi, si cet individu n'a le contrôle ni de ses actes, ni de ses décisions, ni de ses pensées... La question va bien au-delà de l'apparence, de l'examen de la boîte noire "vue de l'extérieur".

Les philosophies ou religions orientales considèrent depuis la nuit des temps que cet individu (et son libre-arbitre) sont illusoires, et l'expriment de manière non-duelle soit sous l'angle de la "bouteille à moitié vide", dans le Bouddhisme (l'essence de toute chose est vacuité), soit sous l'angle de la "bouteille à moitié pleine", dans le Vedanta (l'atman est le Brahman, le non-deux, Tu es Cela, etc...).

L'analyse que tu nous donnes dans ton article est bien insuffisante pour trancher sur l'existence ou non, au final, de l'individu et de son libre-arbitre. Elle nous renseigne seulement sur l'apparence des choses. Mais ça... On le savait déjà.

Matthieu a dit…

@Swami : first of all, grand merci pour avoir repéré le typo, qui inversait ma phrase.

Ensuite : le début de ton commentaire manque un peu ma position, je le crains.

tu ne démontres en rien qu'il existe un "MOI" séparé effectivement, car je n'y crois pas.

mais par contre

qui "prenne une décision" (ce qui veut dire qu'il fait vraiment un choix purement libre alors qu'il "aurait aussi bien pu" faire le choix inverse, cette intervention du conditionnel étant pure construction mentale). si, par contre, c'est exactement ca que j'essaie de montrer. Ce que je pense, c'est que le cote "boite noire", comme tu dis, est tel que sans faire intervenir de "moi" séparé, toutes les définitions que tu pourras donner du libre arbitre, comme celle que j'ai mis en italique au début de ce paragraphe, s'applique à l'Homme.

La suite de ton commentaire, sur la responsabilité, est par contre très interessant. Xavier m'a envoyé ce lien par email : c'est une excellente publi sur cette question de responsabilité et de libre arbitre. Ils font bien le tour de la question, mais je ne suis pas d'accord avec eux. Je pense écrire un billet pour commenter, mais en attendant, je vous laisse le découvrir !

Swâmi Petaramesh a dit…

Oh, je ne vois pas mille "définitions" que l'on puisse donner du libre-arbitre... Pour qu'il y ait libre-arbitre, il faut qu'il y ait :

1/ Un sujet pour posséder ce libre-arbitre, c'est à dire un être séparé, un "MOI" qui ne soit pas réductible à une simple machine. sans quoi, du libre-arbitre de qui parle-t-on ?

2/ Que ce "MOI" soit capable de faire un choix parfaitement libre dans une situation donnée, c'est à dire un choix qui ne soit entièrement conditionné ni par les circonstances extérieures, ni par l'état intérieur de ce "MOI" à ce moment donné, ni par la combinaison de ces circonstances extérieures et intérieures (si ce choix est entièrement conditionné par un ensemble de circonstances quel qu'il soit, on ne peut plus le considérer comme libre).

En quelque sorte, un choix dépendant du libre-arbitre doit être considéré comme un "effet sans cause" du point de vue physique, sa cause essentielle étant métaphysique : "MA VOLONTÉ", si tant est qu'une telle chose existe.
Un acte quasi-divin, non ?

Or ces propositions sont indémontrables si tu considères de l'extérieur toute "boîte noire" suffisamment complexe pour que tu ne puisses pas en prédire avec certitude les réactions. Tu ne peux alors parler que de l'apparence d'un libre arbitre, sans savoir si ce libre-arbitre est réel. Tu ne peux pas savoir s'il y a vraiment un "MOI" agissant à l'intérieur de la boîte...

Matthieu a dit…

poser la condition de l'existence d'un "moi" séparé DANS la définition du libre arbitre, c'est exactement le biais dont je parle dans le billet.

Et précisement, pour connaitre un peu mieux ta position, il agirait ou, ce Moi ? une sorte de démon de maxwell qui pousse les molécules au bon endroit ?

roro a dit…

@ Swâmi

"la "bouteille à moitié vide", dans le Bouddhisme (...) la "bouteille à moitié pleine", dans le Vedanta"

Spinoza quant à lui voit la bouteille entièrement pleine.

Anonyme a dit…

Il existe tout de même une place pour la volonté dans un univers déterminé. Cependant, je ne veux pas dire pour autant qu’un libre arbitre existe. Dans un monde matériel où tout est réglé par la loi de causalité, il n’y a aucune place pour quoi que ce soit qui puisse empêcher les causes et les effets de s’enchaîner de manière mécanique. Si les animaux (dont l’homme) procèdent entièrement de ce monde matériel, alors nous n’avons à proprement parler aucune chance de faire quoi que ce soit qui ne soit pas le résultat de chaînes causales. Nous n’avons donc pas de libre arbitre comme on l’entend généralement s’agissant de cette expression. En fait, la notion de liberté est étroitement liée à un fort sentiment que nous avons. Il en va de même pour notre propre existence. A la question «est-ce que quelque chose existe» ? Nous pourrions spontanément avoir tendance à répondre en joignant le geste à la porale : «Tiens, je te pince… alors existe-tu oui ou non ?». Nous souhaiterions au fond ainsi montrer que nous avons une expérience personnelle d’effets produits sur nous par le monde extérieur et que si nous avons cette expérience c’est que nous sommes ! Le pauvre Descartes s’est perdu en s’acharnant à utiliser le «droite raison» et les mots pour prouver sa propre existence, dans le célèbre mais peu consistant : «cogito ergo sum»… Je dis peu consistant parce qu’ici comme dans l’admirable œuvre de Monsieur Kant, à force de s’acharner à utiliser des outils inadaptés, ils se perdent ou finissent par suggérer aux lecteurs l’inverse de ce qu’ils voulaient défendre… Je pourrais, si certains le souhaitent revenir sur cette problématique de la raison invalide à résoudre des questions métaphysiques fondamentales et sur le fait que toute construction rationnelle repose sur des postulats de base. Pour en revenir à notre sujet, nous ne disposons en réalité que d’expériences personnelles et intérieures pour juger de la plupart des choses. Ainsi, avons-nous l’impression très distincte et très vive de savoir ce que c’est d’être libre et ce que c’est de ne pas l’être. Derrière le mot nous mettons, outres les contraintes évidentes (emprisonnement, séquestrations, obligation biologiques, etc.), notre capacité à nous déterminer par nous-mêmes, à faire des choix. En fait nous posons tout simplement mal la question ! Il ne s’agit pas de savoir si nous sommes libres ou non mais de savoir ce que nous sommes ! Voilà le point fondamental. Alors, que sommes-nous ? Des êtres entièrement fait de matière. Nous n’échappons donc pas à la loi de causalité. Comment expliquer ce paradoxe apparent ? Nous n’avons pas l’expérience immédiate, identifiable, c’est à dire la conscience, de ce qui nous détermine. L’incroyable complexité des causes, le fait que beaucoup de ces causes sont infimes et enfin notre individualité font que nous avons se sentiment puissant d’autodétermination. Jean Rostand disait de l’individu qu’il est «des gènes et du vécu». Nous sommes déterminés mais nous n’en avons pas conscience. Pourtant, cette détermination absolue a ceci de particulier ici d’être unique, circonscrite en un ensemble qui nous semble homogène, immédiatement identifiable, celle d’un être incarné. Il s’agit bien en effet du déterminisme d’un individu en particulier, c’est à dire un être à nul autre tout à fait superposable (même de vrais jumeaux ont des vécus ne serais-ce que très peu différents qui font qu’ils sont, ne serais-ce que très peu différents). On pourrait donc reformuler en disant, moi, mes gènes, mon vécu, l’enchaînement uniques des causes et des effets dont je suis issu, agissant en vertu de ces chaîne de causales qui me sont propres, en inter action permanente avec une quasi infinité d’autres chaînes causales (dont les interactions avec les autres individus eux-mêmes résultantes de chaînes causales), je ne suis pas en mesure d’échapper à ma détermination et pourtant, en tant qu’individu je me considère, et les autres me considèrent comme autonome. L’individualité définie comme une série causale unique me semble très pertinente. Dans ce sens, la liberté est la poursuite imprévisible par l’humain des effets de ces séries causales qui lui sont propres. La volonté serait donc issue de ces séries causales ? Oui, bien sur et le fait de dire que si rien n’est écrit, tout est fatale, ne veut en rien dire qu’il faut adopter une attitude passive ! La volonté fait partie intégrante de l’individu, donc de cette série causale particulière, il n’y a aucune raison de penser qu’elle ne puisse (ou plus exactement qu’elle ne doive) pas continuer à être agissante dans un monde déterminé ! Le déterminisme inclus l’action de l’individu, inclus sa volonté ! Si nous avons une volonté et si nous l’exerçons c’est bien parce qu’elle est partie intégrante (et importante) du déroulement des choses, elle est cause produisant une multitude d’effets et elle à beau être elle-même un effet de mille causes, elle n’en est pas moins agissante.

Pierre Durieu.

Matthieu a dit…

Cher Pierre, je vous remercie de votre commentaire, qui éclaire beaucoup de points dont j'aurais aimé parler, mais que j'ai mis de côté pour faire plus simple, plus court, ou parce que ça n'était pas tres clair dans mon esprit. J'espere que quelques lecteurs passeront encore sur cette page pour lire vos idées.

Anonyme a dit…

Merci beaucoup Matthieu. Votre Blog est fort intéressant et je suis sensible à votre réaction. J'aimerais également que mon commentaire soit "critiqué" de manière constructive. Bien cordialement à tous.

Pierre.

Matthieu a dit…

et bien, ce n'est pas moi qui vous contredirait, puisque je suis d'accord avec vous. et je crains que les contradicteurs ne passent plus trop ici. j'attend d'avoir lu "la conscience expliquee" de Dennett pour relancer le sujet

Anonyme a dit…

Méfiance ! Dennett, Dawkins... Des spécialistes qui voient les choses via leur(s) science(s).

L’idéal serait de disposer d’une nouvelle science que l’on pourrait qualifier de «qualicognition». Il s’agirait d’une méthodologie ouverte visant à déterminer quels sont les éléments nécessaires à la résolution d’un questionnement, quels moyens sont à mettre en œuvre pour réaliser l’étude la plus exhaustive possible du problème posé, quels sont les limites en l’état actuel des connaissances et ou des moyens dont on dispose pour apporter une réponse aux sujets abordés. L’on pourra objecter que cette posture d’esprit est prise systématiquement (ou presque) en compte, par tout scientifique digne de ce nom lorsqu’il réfléchi à un travail à réaliser, puis, le cas échéant, au moment de rédiger puis de publier ses résultats. Cependant, la complexité de la connaissance et le nombre de domaines qu’elle implique a amené l’apparition de spécialités. Celles-ci mobilisent une telle quantité de savoirs dans chaque domaine, qu’un être humain, fusse-t-il doté de capacités intellectuelles très importantes, ne saurait à lui seul envisager l’ensemble des donnés à traiter pour embrasser l’entièreté d’un savoir possible sur un sujet autre qu’extrêmement limité et a sa spécialité. Certains grands esprits, après de nombreuses années pour la plupart, arrivent à des questionnements qui débordent leur aire d’expertise et sont capable de posséder une vision solide de sur plusieurs domaines. Mais il est difficile d’imaginer un «honnête homme» moderne, c'est-à-dire un seul individu capable de posséder l’ensemble des sciences et connaissances nécessaires à la résolution de problématiques complexes. Or, dès que le domaine d’étude n’est plus ultra spécialisé, il y a une forte probabilité qu’il puisse, qu’il doive, être abordé sous différents angles, par différentes méthodes. On qualifie cette approche de pluridisciplinaires. Pourtant cet abord a déjà largement montrée ses limites. En effet, dans la pratique, une personne ou une équipe se proposant d’étudier une problématique peut se rendre compte facilement que la résolution de celle-ci passe par des compétences multiples. Mais elle n’est ni formée, ni même informée et encore moins sensibilisé à l’ensemble des savoirs à mettre en jeu pour atteindre le but qu’elle a pu se fixer. Pire, de nombreuses disciplines en voient d’autre d’un œil septique voir même très critique ! Ainsi, dans la réalité, peut-on attendre sérieusement d’un astrophysicien qu’il fasse appel spontanément à un psychologue pour éclairer un de ses travaux de recherche ? Bien évidemment, toutes les voies empreintées par ce chercheur ne supposent pas le recourt à la psychologie. Cependant, il se peut, ne serait-ce que très ponctuellement que l’apport de cette dernière soit considérablement importante dans compréhension d’un sujet d’étude pourtant apparemment focalisé sur l’examen de mécanismes physicochimiques d’astres lointains. J’ai moi-même vécu une situation de ce type. Alors que je m’intéressais précisément à l’astrophysique, je me trouvais troublé par les assertions des spécialistes quand à la courbure de l’espace temps, sur les ondes gravitationnelles ou encore au sujet de la théorie de cordes. La définition même de l’univers comme la zone non vide de l’espace me perturbait au plus haut point. Aussi, m’en suis-je ouvert via le net à l’un des plus grands spécialistes français du domaine, le Professeur jean Pierre Luminet, directeur de recherche au CNRS. Ce devait être en 1997. Il me fit la grâce de me répondre et même d’échanger trois méls avec moi. Alors que je lui demandais pourquoi les astrophysiciens s’en tenaient à la zone non vide de l’espace et lui faisait savoir que pour moi les théories d’Einstein et de ses «successeurs» étaient totalement invalide dès lors que l’on se trouvait dans la zone vide, celui-ci me répondit presque comme si mon questionnement était quantité négligeable que cela relevait de la métaphysique voir de la poésie mais certainement pas de la science ! Six ans plus tard, me trouvant à la «Comédie du Livre» (rencontre entre auteurs et public place de la Comédie à Montpellier), allant de stand en stand, je tombe en arrêt devant celui de jean Pierre Luminet. Quelle ne fut pas ma surprise, puis ma joie, de découvrir que lui, l’astrophysicien de renom, venais de commettre en collaboration avec Marc Lachièze-Rey (également chercheur au CNRS) un ouvrage intitulé : «De l’Infini… Mystère et limites de l’Univers». J’attendis son arrivé et je l’entrepris en lui rappelant notre échange de 1997. Il fit mine de ne pas se souvenir de notre correspondance ou alors l’avait-il sincèrement oubliée, peu importe. Toujours est-il qu’il abonda dans mon sens alors que je lui faisais les mêmes objections que précédemment… et me gratifia d’une dédicace on ne peu plus de circonstance : «A Sylvain et à quelques autres énigmes de l’univers». A la lecture de son ouvrage, évidemment, l’astrophysique se trouvait enrichie d’épistémologie, d’histoire des civilisations, l’anthropologie, d’ethnologie, d’éthologie, de psychologie, de philosophie, de cognition, de littérature et même effectivement peut être d’une certaine forme de poésie ! Pourtant, je restais sur ma faim. Si cet homme avec l’âge (il a maintenant 55 ans) a été en capacité et a ressentit le besoin de s’ouvrir à d’autres domaines, il n’en reste pas moins que sa démarche relève d’un cheminement personnel et pas d’une méthodologie. De la même manière, confronté à la prose de nombreux scientifiques (y compris de Dawkins), je ressens toujours un profond malaise. L’omniprésence de la ou des spécialités de l’auteur est éclatante. Cela ne prêterait pas à conséquences si ces auteurs ne débordaient pas par trop souvent de ce qu’ils sont fondés à explorer… Ceci est d’autant plus regrettable que leurs propos sont de haute volée et d’un grand intérêt dans les limites de ce qu’ils peuvent dire. Leur crédit s’en trouve affecté, leurs propos dénaturés, leurs ouvrages critiqués. Ainsi, la polémique vient-elle rapidement parasiter des travaux qui s’avéraient féconds et qui finissent par être freinés par des opinions… Et voilà ce qui me semble manquer le plus aujourd’hui aux scientifiques : Une vision la plus globale possible des choses au moment même où ils étudient un sujet très particulier. Quelle forme devrait prendre la qualicognition ? Je ne saurais encore le dire. Cependant, ce dont je suis certain, ce qui hurle à mon esprit, est que cette discipline doit au plus vite se structurer et entrer dans les mœurs afin d’optimiser les actions entreprises. Je n’ai certes pas la prétention d’innover en proposant cette approche. Bien sur, beaucoup d’autres y on déjà pensé. Certain procèdent probablement déjà selon la méthodologie que j’appel de mes vœux. Cependant, je n’ai encore jamais été directement confronté à pareille situation dans mes lectures scientifiques. C’est dans le monde de l’entreprise que cette approche existe depuis plusieurs années. A croire qu’il faut être en situation réelle pour devenir pragmatique ! L’approche risque est partie intégrante des activités sensibles comme l’aéronautique ou l’industrie nucléaire (par exemple). L’assurance qualité l’est notamment dans la pharmacie. La médecine moderne est pétrie de réflexions issues d’études et de conférences de consensus pluridisciplinaires. Des organismes gouvernementaux ont pour mission presque exclusive de déterminer les bonnes pratiques médicales, les conduites à tenir, et ont été jusqu’à rédiger des «références médicales opposables», guides pratiques du praticien déterminant ce qu’ils sont sensés faire s’ils souhaitent que leurs patients soient remboursé par la protection sociale et pour être eux-mêmes exemptés d’explications spécifiques dès lors qu’ils s’écartent de ce qui est communément admis dans les dits guides. De nombreux autres exemples pourraient être sites. Bien sur, la recherche a besoin d’une latitude importante incompatible avec un contingentement aussi séré que ceux présentés ci-dessus. Pourtant, il n’est pas douteux que les cultures ayant cours dans ces exemples ne puissent, de manière adaptées, apporter énormément à la recherche et surtout aux chercheurs, surtout lorsqu’ils sont jeunes… Des travaux ont montrés que la période de réelle «productivité» d’un chercheur se limite en moyenne de 25 à 35 ans. Autant dire que le bon vieux dicton «si jeunesse savais si vieillesse pouvait» est parfaitement de mise en l’occurrence. Si cette disposition d’esprit n’est pas retrouvé spontanément chez le chercheur, alors il est nécessaire, si ce n’est de rendre une démarche qualicognitive obligatoire, tout le moins de l’enseigner afin que les étudiants futur chercheurs y soient à minima sensibilisés.

Pierre

Matthieu a dit…

il y a un peu de tout dans votre commentaire... j'en retiens un pladoyer pour la pluridisciplinarité des équipes scientifiques, que j'approuve tout à fait. Ce genre de participations se développe, rassurez-vous, les équipes sont multidisciplinaires. et les scientifiques les plus reconnus sont capables de faire des ponts entre les disciplines. Si je devais citer des exemples, mon premier serait De Gennes, et, ironiquement, Dennett ne serait pas trop loin.

Anonyme a dit…

La pluridisciplinarité est insuffisante. Elle est mise en oeuvre depuis fort longtemps avec des résultats trop inégaux. Il faut une méthode scientifique d'approche des problématiques qui soit traitée par un spécialiste de la connaissance et de la "qualité", que j'appel qaliconiticien.

Pierre

Anonyme a dit…

Dennett est effectivement un bon exemple de tentative de multidisciplinarité. Cependant je trouve que sa philosophie est en des nombreux point paradoxalement dépassée dans ses tenants par des acquits récents de la science et absconde dans son expression écrite relevant par trop d'une complexification d'éléments qui peuvent être signifiés clairement et simplement. Quand à son appropriation des «mèmes» de Dawkins et sa conception de la «mèmosphère», elle me semble (comme ce que j’ai évoqué précédemment), constituer une sorte de grand écart puisqu’elle est à la fois bien compliqués et fort réductrices… Je pense pouvoir mettre des mots bien plus accessibles sur ces concepts et en montrer les limites. L’évolution au sens Darwinien du terme est pour moi inapproprié. L’on devrait parler de changement. D’autre part, il existe de nombreuses objections à la théorie de l’évolution non pas sur le fond mais sur sa description. Pire, depuis qu’il y a des êtres sociaux et une tradition voir une culture chez des êtres animés, il existe une pression de sélection sociale éminemment variable en fonction d’un très grand nombre de déterminants ne relevant pas de la «jungle». La sociobiologie est une «science» qui tente d’expliquer des éléments relevant de la sociologie et de l’ethnologie, voir de la tradition et de la culture via le filtre des l’évolution Darwinienne. Elle se nourrie au passage d’élément produits dans les ouvrages de Dawkins. Au final, la sociobiologie cherche désespérément de sauver ses bases mal assises en affinant ici en raccommodant là. Je ne peux pas ici aller dans le détail des objections que je soulève. Peut être à l’occasion d’échanges avec d’autres contributeurs !

Pierre

ACHKAN a dit…

Vous utilisez très souvent dans votre analyse le terme de prévisibilité pour soutenir votre position tendant à démontrer l'existence du libre arbitre, que certes je ne récuse pas, cependant la seule chose que je vais dire sur cela c'est qu'il n'y a pas de notion plus relative que la prévisibilité car elle dépendra du sujet c'est à dire de celui qui va prévoir et de ses capacités à le faire. C'est pas parce que l'on n'arrive pas à prévoir un comportement donné que celui ci n'est pas prédéterminé ou influencé par l'inné et l'acquis, jusqu'à quel point, c'est la la question.
Par rapport à un plan plus général entre le rapport entre le libre arbitre et le determinisme ou destin pour d'autres,je pense que la science de l'esprit humain ne peut pas parvenir, de par son caractère limité, à y apporter une réponse.

anniversaire a dit…

super blog, j'adore vos articles et reportages
bonne continuation
Jean Paternin

chippendales a dit…

long à lire tout ces commentaires ! mais très intéressants

Alain Cocarix a dit…

Sujet : Le libre-arbitre

Chère lectrice, Cher lecteur,

Lisez 'Les aventures d'Ora et Gad' ➜ Au pays du point Oméga de Teilhard de Chardin. Un conte philosophico-théologique d’intérêt littéraire.

Il s'agit d'un voyage encyclopédique du passé vers le futur. Le récit abrite un artifice de raisonnement : à chaque mot remplacé le texte entier a été soumis à des calculs (lettres et espaces) au résultat invariable. Ceci pour obliger l'auteur à scruter l'ensemble de toutes les phrases écrites et proposées. Cette méthode coercitive a fait office de tamis d'orpailleur, source de découvertes heureuses, mais également de ruche aux abeilles de feu où l'âme trouve à faire son miel.

Longue vie et prospérité !

Bien à vous

Alain Cocarix.
L'auteur d'Ora et Gad

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