Penseur

jeudi, mai 31, 2007

L'article de physique théorique que j'aurais voulu écrire

Vous êtes-vous déjà perdu dans les méandres de la physique moderne, théorie M, F, des cordes, des p-branes, des 11 dimensions d'espaces qui sont repliées sur elles-même, et j'en passe ?

Cet article de Futura-Sciences fait un tour d'horizon des pistes explorées. Je ne vous garantis pas que vous comprendrez plus de quoi il retourne à la fin, mais au moins, il est bien de pouvoir replacer ces théories dans le temps, et de suivre le fil des raisonnements et des controverses.

Bonne lecture !

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lundi, mai 28, 2007

Une photo bien étrange

Cette photo est vraiment surprenante ! Il s'agit d'un cliché de la surface martienne, pris par Mars Reconnaissance Orbiter (page qui ne reprend pas ce cliché, d'ailleurs). La tache noire au milieu est un trou, aux bords très nets, à l'intérieur duquel aucun détail n'est visible. Le soleil étant à 38° au dessus de l'horizon au moment de la photo, cela signifie que les bords du trou sont probablement en surplomb, et que le trou est très profond ! La définition étant de 25 cm/pixels, il est d'ores et déjà possible d'écarter un second effet "visage martien".

Un zoom et, à droite, une version "filtrée" montrant qu'aucun détail n'est visible à part du bruit.


Ma théorie personnelle ? Il s'agirait d'une grotte, plus exactement d'une dépression profonde, recouverte d'un "toit" fait d'un matériau solide mais friable, par exemple du sable tassé par le vent, peut-être plus ou moins vitrifié. Il faudrait qu'il y ait un support préalable cependant, des sortes d'arches rocheuses. Une météorite aurait pu, en percutant ce toit, laisser ces bords nets. Et cela expliquerait que l'on ne voit aucun détail à l'intérieur ou sur les bords.

A vos spéculations !

(via Techno-Sciences).

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mardi, mai 22, 2007

Pierre-Gilles de Gennes est mort

Via Tom Roud, j'apprends que Pierre-Gilles de Gennes est mort, vendredi dernier. J'ai un immense respect pour cette figure de la recherche française. Il a développé ce qu'on appelle la science de la "matière molle", tous ces états intermédiaires de la nature qui m'intéressent tant. Ce que j'appréciais particulièrement dans sa démarche, c'était l'interdisciplinarité qu'il insufflait partout. Je me souviens de mon enthousiasme juvénile à la lecture d'un magazine scientifique (peut-être Sciences et Vie...) où il était question des points communs qu'il avait trouvé entre le mouvement d'une bactérie dans un milieu riche en nutriments et celui d'un électron excédentaire dans un métal. C'était là son génie : il savait trouver des connections entre des domaines du savoir que tous imaginaient cloisonnés. Il n'était pas surnommé l'Isaac Newton moderne pour rien...

Il a donné ses lettres de noblesses à l'étude de phénomènes considérés avant lui comme un peu anecdotiques, ou trop complexes et mal définis, par les physiciens. Il a ainsi obtenu le prix Nobel de Physique pour l'application de la physique statistique aux cristaux liquides et aux polymères. Les cristaux liquides sont des molécules relativement rigides, des sortes de petits bâtonnets, qui peuvent s'agencer en structures relativement régulières. Les polymères sont de longues, très longues molécules, nous avions eu l'occasion de voir quelques-unes de leurs singulières propriétés. Pierre-Gilles de Gennes a montré que les cristaux liquides subissaient des transitions entre états "ordonnés" et "désordonnés" d'une manière analogue à l'aimantation dans les matériaux magnétiques. Pour ce qui est des polymères, il a apporté ce que l'on peut qualifier de principale avancée théorique dans le domaine depuis les années 60, avec son modèle de reptation. En suggérant que les chaînes polymères peuvent ramper pour se libérer des enchevêtrements et relaxer les contraintes, il a permis de comprendre le comportement mécanique des plastiques fondus, des colles et autres fluides complexes.

Il s'est intéressé à des sujets aussi variés que les bulles de savon, les phénomènes chaotiques ou les surfaces hydrophobes, et a co-signé avec David Quéré (un de ses "disciples", si je puis dire, qui incarne le mieux son esprit touche-à-tout et multidisciplinaire) et Françoise Brochard-Wyart, le livre "Gouttes, bulles, perles et ondes", qui fait référence dans le monde entier. Il a aussi dirigé l'Ecole de Physique et de Chimie Industrielle de Paris, qui est devenue une sorte d'OVNI (j'aurais aimé écrire "modèle") dans le paysage de l'enseignement supérieur français. Liant formation d'ingénieur de haut niveau, recherche fondamentale, et lien avec les entreprises, c'est un des centres de recherche français les plus connus à l'étranger. 90% des élèves ingénieurs qui en sortent continuent vers une thèse. Les labos sont largement financés par des contrats de recherche avec les entreprises, et rivalisent en qualité avec les plus prestigieuses universités américaines. Si ceux qui veulent réformer l'enseignement supérieur et la recherche en France voulaient bien se pencher cinq minutes sur ce que de Gennes a accompli...

Sa mort est une mauvaise nouvelle pour la science : alors qu'il venait juste de tourner ses formidables capacités d'analogie et de synthèse vers les sciences du cerveau, qu'aurait-il pu découvrir et nous faire découvrir ?

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dimanche, mai 20, 2007

On n'a pas finit d'entendre parler de lui

Alain Juppé place le nucléaire au centre de la politique énergétique de la France, et préconise la poursuite du programme EPR.

Ce n'est pas que je ne sois pas d'accord avec lui. Pour des raisons pragmatiques aussi bien qu'écologiques, économiques, et stratégiques, le nucléaire (et sa modernisation) me semble être la moins mauvaise solution à moyen terme.

Mais ce qui me titille, c'est que monsieur "Droit dans ses bottes" fait preuve de sa capacité d'écoute, de dialogue, et de persuasion qu'on lui connaît.

Pour quelqu'un qui va avoir à gérer des situations aussi délicates que des compromis entre écologistes et industriels (et fonctionnaires des deux côtés, ce qui est presque pire), il commence mal.

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Le téléphone portable est bon pour la santé !

Et je le prouve en image (Via Loïque Jemeur, puis Loïc Lemeur). L'espérance de vie est liée à la percée des téléphones dans la population selon une loi logarithmique plutôt bien corrélée. Vous pouvez jouer avec ces statistiques sur cet outil facile d'accès (très google-touch).


Rappelons-nous tout le mal que disaient Mark Twain et Winston Churchill à propos des statistiques. En suivant la flegmatique sagesse britannique, interrogeons-nous. Cette relation entre espérance de vie et proportion d'usagers du téléphone est-elle une relation de cause à effet ? Certainement pas, bien entendu. Il doit y avoir une "variable cachée", qui agit sur ces deux variables à la fois. Il s'agit certainement du niveau de vie ou du revenu par habitant, qui améliore l'espérance de vie tout en augmentant les chances de posséder un téléphone.

La question des variables cachées n'est pas anodine. Outre l'exploitation parfois exagérée de type de corrélation artificielle par les politiciens, le sujet a aussi sont importance en physique quantique. Einstein, par exemple, était un peu dubitatif sur la question de hasard et de probabilité, intrisèque à la physique quantique. Il pensait que cette incertitude ne réflétait que notre connaissance limitée, et qu'il devait exister des "variables cachées", dans une théorie d'ordre supérieur, qui permettrait de faire des prédictions absolues. Ces variables cachées permettraient de comprendre le paradoxe EPR et l'intrication quantique, dont nous avons parlé à propos de l'ordinateur quantique, entre autres.

Cette idée a été mise en musique par John Bell, pour mener aux célèbres inégalités qui portent son nom. L'idée est la suivante : s'il existe une théorie "supérieure" qui permet de prédire les résultats de la physique quantique, alors un certain nombre de relations statistiques doivent être observées, qui diffèrent du hasard pur. La beauté de sa théorie, relativement simple, est de donner un outil pour trancher le débat sur l'existence de ces variables cachées, sans même les connaître !

La mise en place d'un test pratique, qui élimine les biais expérimentaux, n'a pas été simple. C'est l'expérience d'Alain Aspect (et ses raffinements successifs) qui apportera la preuve que les inégalités de Bell ne sont pas respectées. Il s'agit donc d'une preuve expérimentale que Dieu joue bien aux dés !

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