Penseur

mardi, septembre 11, 2007

Plus de médicaments ou des médicaments plus sûrs ?

J'ai pris connaissance récemment d'un débat qui pose la question intéressante d'un trade-off entre le contrôle accru des agences sanitaires des médicaments avant leur mise sur le marché et la mise à disposition rapide de ces nouveaux médicaments.

Les scandales liés à des médicaments aux effets secondaires dangereux insuffisament étudiés sont nombreux : Avandia et Ketek récemment, Prozac en 2005, Vioxx en 2004. Ces antidépresseurs, anti-inflammatoires, ou encore anti maladies cardiovasculaires, aux effets secondaires potentiellement dangereux, sont passés au travers des mailles du filet des agences sanitaires, FDA (Food and Drugs administration) en tête. Et ce, malgré, ou plutôt à cause de, leur large diffusion prévisible.

Le docteur Rosen, un ancien membre d'un panel de conseil auprès de la FDA, appelle maintenant à des tests plus rigoureux. Vous pouvez lire à ce propos un article du Boston Globe. L'enjeu ici est double : il faut que les tests soient efficaces, pour déterminer la dangerosité d'un produit, mais sans trop retarder la mise sur le marché des médicaments bénéfiques, qui est déjà un processus très long.

Les critiques de la FDA pensent qu'elle utilise des tests aux standards trop faibles ou à l'objectif trop limité (par exemple être capable de reduire à cours terme le taux de sucre des diabétiques, sans s'intéresser aux effets à long terme, qu'ils soient positifs ou négatifs), sur un nombre trop limité de patients, et sans tester des combinaisons avec d'autres médicaments, pour gagner du temps.

D'un autre côté, si les nouveaux tests doublent le nombre de testeurs nécessaires et augmente de moitié la durée des tests, le développement de nouveaux médicaments ne sera pas seulement ralenti, mais inhibé. Et, souvenez-vous, il est déjà difficile de développer certains produits pourtant prometteurs...

Il n'y a pas de réponse évidente à cette question. Un certain compromis être les deux tendances peut être trouvé, mais il serait préférable d'affiner les critères en fonction des types de médicaments, en étant capable de dire à l'avance quels types de médicaments posent plus de risques. Ce type d'études du risque, se basant principalement sur la complexité des problèmes (par exemple, s'attaquer à un ulcère d'estomac est un problème localisé alors que changer la concentration d'une hormone dans l'organisme peut avoir des effets en cascade imprévus), se développe peu à peu. Il pourrait épargner beaucoup de temps et d'argent, à consacrer ensuite à des tests plus poussés là où il y en a besoin.

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dimanche, septembre 09, 2007

Des abeilles et des hommes

L'affaire devient préoccupante. Depuis plusieurs mois, plusieurs années même, les apiculteurs crient à l'assassin. Contre le Gaucho de Bayer, contre le Régent de BASF, ces insecticides qui emportent au passage les abeilles avec les autres insectes. Criaient-ils au loup ? Les études ne tranchent pas nettement. En tout cas, leur interdiction a quelque peu freiné l'hécatombe.

Quelques faits :
  • A l'automne et à l'hiver, les ruches "meurent" parfois, quand la reine meurt de froid, ou que les occupants n'ont pas fait assez de réserves. Ces disparitions hivernales touchent en temps normal 5 à 10% des ruches.
  • Dans le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles, les ruches "meurent" rapidement, parfois en une nuit, quand les abeilles ne rentrent pas à la ruche. On ne retrouve pas de cadavres d'abeilles, la ruche est simplement vidée.
  • Entre un quart et la moitié des ruches américaines ont été vidées de leurs occupants à l'automne-hiver 2006.
  • Ce niveau de mortalité était atteint en Europe depuis 2000, mais est redescendu à des niveaux normaux cet été, ce qui est peut-être lié à l'interdiction des insecticides ci-dessus.
  • Les causes peuvent être multiples, parasites, virus, insecticides... Les programmes de recherche sur la question sont récents et n'ont pas encore produits d'étude systématique.

Je ne suis pas spécialiste de la question, ma valeur ajoutée sur le sujet sera très faible. Mais le sujet me semble suffisament préoccupant, face à un syndrome dévastateur et mystérieux qui prend des proportions de pandémie mondiale, pour relayer les informations glanées à droite et à gauche.

A lire, donc :

Voilà tout pour aujourd'hui. N'hésitez pas à partager vos informations sur le sujet !

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vendredi, septembre 07, 2007

A quoi sert ta recherche ?

Un peu de légèreté pour fêter la reprise : comment répondre à la question que tout chercheur a subit à un moment ou un autre, "Mais finalement ce que tu fais là, ta recherche, ça sert à quoi ?".

Il n'est pas de meilleure réponse que cette citation de Richard Feynman !

La physique, c'est comme le sexe. Ils donnent parfois des résultats concrets, mais la plupart du temps, ce n'est pour cela qu'on les pratique.

source

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jeudi, août 16, 2007

Quand l'erreur est plus vraie que la vérité

Apres avoir vu que les galaxies et les gouttes d'eau, finalement, ont quelques points communs, continuons dans les curiosites liquides. Un article de BBC news raconte comment les codeurs de Pixar et Dreamworks ont étudié pour les films d'animation Ratatouille et Drôle d'Abeille le mouvement du miel, des blancs d'oeufs, de la pâte à pain, ...

Ainsi, pour représenter au mieux l'écoulement du miel, les graphistes de Dreamworks ne se sont pas contenté d'augmenter le paramètre "viscosité" dans le modèle d'écoulement fluide, car le résultat n'était pas satisfaisant. Ils sont allés beaucoup plus loin, étudiant puis implémentant des modèles physiques évolués : fluide à seuil ("Honey tends to retain its structure, it tends to keep that but eventually transitions to something more liquidy-like."), viscoélasticité ("The solution to getting honey-like movement was adding separate elastic forces to the fluid simulation").

Seul problème : le miel n'est ni un fluide à seuil, ni viscoélastique. C'est au contraire un exemple classique de fluide purement visqueux, parfaitement Newtonien (c'est-à-dire de viscosité constante quelle que soit l'expérience).

En d'autres termes, Dreamworks a ajouté des propriétés fausses pour mieux rendre l'impression du vrai.

Je vous laisse tirer la morale que vous voudrez de cette histoire. Le blog sera en pause la semaine prochaine - une semaine de séminaire que je vais essayer de transformer autant que faire se peut en semaine de vacances.

PS : Pixar s'en tire à bon compte. La pâte à pain (un gel de gluten piégant des bulles d'air et des boulettes d'amidon) et les blancs d'oeufs (un réseau de protéines en interaction) sont effectivement très élastiques.

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mercredi, août 15, 2007

Comment "vendre" sa recherche - petit jeu de l'été (avec solution)

L'été, les magazines remplacent les journaux, les jeux de plages remplacent les livres de cours. Et donc, en toute logique, je vous propose un petit jeu à la place d'un billet rébarbatif.

Il est important de savoir vendre sa recherche, n'est-ce pas, que ce soit pour gagner des financements ou pour gagner de la reconnaissance parmi ses pairs. C'est le genre de compétence que les chercheurs américains ont poussé jusqu'à l'excellence - ce n'est pas pour rien que leurs labos sont ridiculously rich, c'est parce que le directeur du labo passe son temps à démarcher des entreprises ou à rédiger des demandes de grants. Et la blague qui court, c'est que la meilleure technique pour décrocher la timballe est lier, d'une façon ou d'une autre, sa recherche à la maladie d'Alzheimer, au cancer, ou à la War on Terror.

Mais tout ça, c'est du passé. Des chercheurs européens ont fait sauté les limites de la phrase d'accroche la plus capillotractée.

[...] these studies are motivated by practical questions and applications.
Among them, illustrated below, one can mention : understanding and explaining the
large-scale structure of the universe and the support of galaxies clusters [...]

La question du jour : quel est le sujet de la recherche en question ?


Indice : Par demande de luxtin, voilà un indice. L'image ci-contre est celle sur laquelle les chercheurs basent leur phrase d'accroche. Il s'agit d'une image du Smithonian Center for Astrophysics d'Harvard, et chaque point blanc est une galaxie. Je ne sais pas s'il s'agit d'une vue d'artiste, d'une simulation ou d'une image obtenue à partir de données expérimentales, mais c'est en tout cas impressionant.

Voilà, avec cela je suis sur que vous allez trouver, vous étiez déjà très forts sans indices !

Deuxième indice : Voilà les autres champs d'applications que les auteurs mentionnent.

Diesel engine technology, manufacturing, agricultural sewage and irrigation, powder technology, ink jet printing, or DNA sampling and nuclear fission.

Comme vous voyez, c'est très large ! Si vous ne trouvez pas avec ça, je donnerai la réponse.

Solution : c'est ici. Alors, évident a posteriori ? Impossible à trouver ? En tout cas je trouve que pas mal de réponses étaient étonnament proches, pour ma part je ne pense pas que j'aurais trouvé. Faire la connexion entre la formation d'amas de galaxie et ça, tout de même, faut oser. Mais c'est assez intriguant, donc ça fonctionne !

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